Un voyage en Uber

Ce jour là j’ai eu besoin d’un uber, il est venu me chercher devant chez Justine et les nouvelles lois en rapport avec le covid-19 venaient de tomber; “plus le droit de se déplacer en dehors de son quartier”. Il m’a donc conduite de chez Justine à Côte Vertu jusque chez moi, dans la Petite Italie. Sur la route et entre nos conversations inquiétantes sur la situation de crise, j’ai réalisé qu’il était très beau, très avenant, très sexy…

Ne sachant que faire de cette soudaine flamme, et entre deux histoires de quarantaines il décide soudainement de me donner son numéro “parce qu’on s’entendait bien”. En sortant de la voiture, arrivée chez nous, je me rends bien compte qu’il scrute mon corps dans le rétroviseur de sa voiture.

Plus tard ce soir je lui envoie un message : “Salut, c’est la fille drôle de la petite Italie” tout de suite il me répond : “ça m’a fait du bien d’avoir une cute cliente avec qui partager mes angoisses”.

Au bout de quelques textos, sont très vite advenus des messages plus mignons puis, nos envies l’un pour l’autre de se découvrir… 

Je lui propose rapidement une idée.

“A la fin de ton shift, si tu passes vers chez moi, tiens moi au courant…” 

C’était clair et net au vu du stress de mes collocs à l’idée que je sorte : je devais trouver une idée discrète et fiable. Je lui donne rapidement les consignes ; “16h30 par chez moi, dans la rue arrière, tu ne me toucheras pas, mais désinfecte tous les sièges arrières de ta voiture – s’il te plait, je te fais confiance”

À 16h28, j’ai salué mes colocataires “je m’en vais sur une grande quête de nourriture et de vin mais vu l’horaire il risque d’il y avoir la queue devant les magasins” – j’avais déjà préparé dans ma chambre quelques bouteilles de vins et des sacs de pâtes pour ne pas revenir les mains vides.

A 16h29, j’étais déjà dans la rue arrière de chez nous, haletant avec appréhension. Allait-il venir? Aurait-il désinfecté tous les rebords de sa voiture? Savait-il à quel point je me languissais d’un sexe interdit?

Très vite il est arrivé, calme et avec intention. La voiture s’arrête à mon niveau, mais avant de monter je lui demande : “t’as tout désinfecté hein?” lui de me rassurer “bien sûr – deux fois, j’avais hâte de te retrouver”. Je me suis glissée sur le siège arrière, tellement loin de lui mais pourtant si proche. Je sentais déjà son parfum enivrant, ses cheveux encore un peu humides et son corps lavé me disaient qu’il sortait tout juste d’une douche et non point d’un shift, mon envie pour lui a redoublé et mon respect aussi, il était propre pour ma venue.

Il a conduit un peu et au bout d’une ou deux contre allées il me demande : “alors qu’est ce qu’on fait” je lui dis alors : “j’ai une idée en tête, et j’ai très envie de toi, est-ce que tu connais un lieu sûr sans passage?”. Il ne m’a point répondu mais le vrombissement de sa voiture impulsive m’a fait comprendre qu’il savait tout de suite où aller et je devinais son sexe se durcir entre ses jambes. 

En quelques minutes nous nous sommes retrouvés dans une contre allée de Montréal vide et calme, dans un quartier peu résidentiel et sans inquiétude. J’ai quitté ma veste d’hiver et lui ai vite fait comprendre les règles. “Je vais rester ici, tu vas rester devant – on se regardera et on se parlera tant que voulu mais on ne pourra jamais se toucher” – il m’a répondu tout de suite “OKEY” en enlevant la veste qu’il portait sur sa camisole.

Les sièges arrières m’appartenaient, ceux de l’avant étaient les siens.

Je décrivais ainsi, tout doucement, tous les faits et gestes qui me portaient enivrante à l’envie impossible qu’il me pénètre. Étant un homme tel qu’il soit, il répondait surtout avec des râles et des regards noirs d’envie par son rétroviseur, mais la situation bien trop excitante me portait encore plus loin dans mes gestes. 

Il a sorti son sexe dur et gros en dézippant son pantalon, son pénis était dur comme jamais et j’y voyais déjà les veines gonflés de la frustration présente, je dérobais présentement mon sexe en glissant mon pantalon sur le cuir froid des sièges de sa voiture, et y glissais doucement mes doigts pour lui présenter ainsi : “imagine que c’est toi, c’est ton sexe qui s’introduit en moi tout de suite, tout ce qui se passe sur moi présentement, imagine que ce sont tes doigts, ton sexe… et puis tes doigts qui remontent le long de ton sexe, imagine que ce sont les miens qui glissent avec aisance sur ta bite” 

Je me suis vite retrouvée jambes écartées et pieds sur la vitre de la voiture avec un pantalon sur les genoux, je n’en pouvais plus, la cyprine qui s’écoulait de mon sexe allait bientôt créer une petite flaque à l’entrée de mes fesses sur les sièges de cuir de sa voiture. 

L’inconvénient était de ne pas pouvoir le toucher, mais le côté positif était qu’en me touchant j’étais sûre de pouvoir venir plus vite et plus efficacement vers la jouissance.

Nous nous sommes touchés chacun pendant un moment, les bruits présents dans la voiture étaient ceux de l’humidité qui s’emmenait de nos sexes, parfois aussi nos mots timides “j’ai tellement envie de toi”, “tu sens si bon”, “oh oui viens avec moi”, “c’est si bon”. A chaque râle de l’un, l’autre se tendait, la voiture était maintenant embuée telle la chariolle de Kate et Leonardo Dicaprio, une situation interdite similaire et poétique nous emportait dans cette sexualité charnelle.

Mes pieds glissaient sur la fenêtre embuée de la voiture mais mon sexe se tendait toujours plus prés de l’orgasme, je lui chuchotais “je vais venir” auquel il me répondait “humm putain arrête”, nos actes pourtant si respectueux s’emportaient et bientôt nos corps sans se toucher s’embrasaient dans des corps étourdis de plaisir proche d’une violence charnelle. 

L’impossible était arrivé, et nos deux sexes battant la chamade se sont mis à crier comme nos bouches “oh ouiii” nous sommes venus en même temps. des fourmillements s’emparaient de mon corps entier, je tremblais, mes pieds glissaient le long de la vitre une fois de plus jusqu’à frapper le plastique de la porte et j’expirais profondément – cette jouissance était si lourde, si profonde et si relaxante que tous deux, restions déshabillés sans rien dire une longue minute.

Il avait joui sur le parebrise avant de manière visible et presque créative, on y voyait une oeuvre d’art qui ruisselait à coté de la buée de notre activité physique, après quelques minutes il s’est empressé de nettoyer le tout avec des mouchoirs et de l’alcool hydraulique. 

Sans un mot il a redémarré la voiture mais je ne bougeais toujours pas dénudée à l’arrière de la voiture. Sans rien dire il conduisait, faisait des tours et m’observait avec un sourire doux dans le rétroviseur, je savais qu’il conduisait n’importe où pour me laisser le temps de me remettre de mes émotions, de me revêtir. Au bout de trois longues minutes j’ai glissé mes habits sur moi, et comme par magie une fois prête je me suis retrouvée dans la rue arrière de chez moi.

Aucun mot ne pouvait qualifier ce qui venait de se passer, je ne voulais rien entendre qui puisse briser ce silence. Puis finalement il me dit tendrement la seule chose qui puisse bien clôturer ce moment “j’aimerais tellement t’embrasser” je lui souris et sors de la voiture. 

Il était 18h06 mais le temps était passé si vite, que même mes colocataires ne semblaient pas avoir remarqué mon absence.

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