Traverser la planète pour baiser

J’le connais pas, I mean, je le connais pas vraiment.

Ça fait deux semaines qu’il m’a approché. Je suis vraiment réticente, j’veux personne dans ma vie.

Les jours passent. Pas vraiment de messages textes ni d’appels pendant plus d’une semaine. Bon, ça y est c’est fini, pis c’est bin correct comme ça.

Mercredi matin 7h11 AM. Mon cell sonne. Hein, huh, allo?

– Salut, ça va? Que fais-tu pendant ta semaine de relâche?

– Euh, je sais pas là, sais-tu quelle heure il est? Yé bin tôt sibouère!

– Mettons que je te dis, viens me rejoindre au Laos dans deux semaines et que je paye ton billet d’avion tu viens?

– De quoi tu parles? T’es au Laos, depuis quand? Chu mêlé comme un jeu de cartes, on se reparle ok?

– Ok bye, j’ai hâte de t’embrasser!

– Euh, ok moi aussi, bye.

Wtf, j’ai pas eu de ses nouvelles depuis environ dix jours et on s’est vu juste 3 fois pour prendre une bière. Y doit être glé… Si y pense que je vais aller au Laos haha, fou raide.

Je me recouche

Deux semaines plus tard, je débarque à l’aéroport de Vientiane, capitale du Laos. Il fait chaud, humide, j’ai le cœur qui bat hyper vite depuis 17h none-stop (durée du vol), et ce, depuis que j’ai quitté YUL, l’aéroport à Montréal. Je n’ai pas de données internet sur mon cell, le wifi marche à moitié, je pense qu’il vient me chercher à l’aéroport, ce n’était pas clair… Asti que chu folle. Mes chums de filles m’ont toutes dit de pas y aller, pourquoi je suis ici. C’est sûr que je me fais enlever kekchose… J’ai peur, ou c’est de la fébrilité, je sais pas, mais j’ai tout de même la libido dans le tapis.

Je traverse le dernier poste de sécurité. De l’autre côté de la fenêtre embrouillé, je peux entrevoir les silhouettes d’humains qui attendent leurs êtres chers, je trouve ça toujours bin émouvant les retrouvailles… J’attends patiemment mon tour. La sécurité vérifie une dernière fois mon passeport, je peux enfin sortir. J’ai des papillons dans le ventre, dans la vulve pis dans l’aisselle gauche.

De quoi il a l’air encore, je me sens stupide et… fucking horny. Bin non, je le sais de quoi il a l’air, mais dans une atmosphère où tu n’as aucun repère, tu as bien le droit de te demander de quoi la retrouvaille va avoir l’air. De toute façon au fond de moi je ne pense qu’à une chose, je désire qu’il prenne possession de mon corps. Mixted feeling. Je suis stressée et je veux qu’il me fasse jouir jusqu’à oublier dans quel pays je suis.

Il est là, au loin, il me fait signe de la main, je traverse la foule pour le rejoindre. Je le vois déjà en train de se diriger dans l’autre sens … Je marche plus vite, pour le rejoindre. J’ai mon gros packsac plein de linges que je ne mettrai sûrement même pas. J’ai packté tout croche avec un verre dans l’nez la veille de prendre l’avion. Veux-tu bien me dire qu’est-ce qu’il fait. J’ai pas dormi de tout le vol, je sens le swing, je commence à pogner les nerfs.

Il sort à l’extérieur, je ne le vois plus, c’est bondé de chauffeurs qui veulent t’arnaquer et te lifter quelque part. Je remarque qu’il a un chauffeur me fait signe d’entrer dans sa voiture, il tient une affiche avec mon nom et j’ai pas vraiment l’esprit à réfléchir. J’imagine qu’il est là. Je donne mon sac au chauffeur. J’embarque.

Je n’ai aucunement la chance de respirer et je suis encore étourdi par l’anxiété, par mes pensées, par mes craintes et ce tout ce qu’il venait d’arriver, que je me fais embrasser passionnellement. C’est chaud, ça goûte salé, c’est humide et c’est pas juste le Laos. Gourmandes, ses mains parcourent mon corps, déboutonnent fermement ma chemise moite, je sens mon corps se raidir de toute part. La tension monte, je suis excitée et tellement pas en contrôle de la situation. Tout m’est étranger, mais ça goûte dangereusement bon… ma peau est recouverte de frissons. Je ne sais pas combien de temps cet échange de salive dure…Je rêve ou quoi? Je cligne des yeux, ça arrive pour de vrai…

Nous roulons vers l’inconnu. Aucun mot n’est échangé. Je me souviendrai toujours de la chanson cheezy à la radio. Je meurs d’impatience de me retrouver seule avec lui. Je ne sais pas combien de temps nous avons roulé… Le chauffeur nous sourit.

Nous arrivons devant un immeuble, clôture double, gardienne de sécurité, des jardins parfaits avec des fontaines cute comme au Jardin Botanique, une espèce de maison de riche à couper le souffle. Wtf. On est loin de mon p’tit appart à Montréal. Je ne comprends rien, mais je sais que j’ai envie de lui.

Toujours sans un mot nous débarquons, il me tire par la main vers l’intérieur de la maison. Il semble n’y avoir personne. Je me sens dangereusement en sécurité. J’ai envie de sexe. Cru. Avec mon air félin, je sors de mes états de soumission et de surprise et je le plaque au mur, j’ai assez attendu, c’est à moi de jouer. Je me sens aguicheuse. Mon regard en dit long, je lui retire sa chemise et mes mains se rendent directement sur son sexe. C’est bien ce que je pensais, il est bien dur… Je ne peux plus attendre, et lui non plus, ses pants vont éclater. J’ai envie de jouer le jeu à fond. Mes lèvres voraces dévorent son membre en érection. Je n’ai pas fait 12,938 km pour rien. Langoureusement je dévorais sa peau, pendant qu’il me dévorait de ses yeux amusés…

La chaleur m’étouffe encore.

Il serre sa mâchoire et se retient de ne pas crier comme animal.

Mon appétit est encore grand, mais trop tard, sa jouissance est plus forte que ses intentions de silence et de retenus. Je déteste me faire venir dans face, mais là j’en prends plus qu’il en faut. C’est cochon, c’est sexy et bizarrement, je me sens vraiment empoweré.

Il m’entraîne vers une pièce, un lieu que je ne connais pas encore, la salle de bain, avec une douche magnifique semi à l’extérieur, des fleurs et plantes grimpantes magnifiques poussent à même le sol. Fontaine naturel et mur végétal. Un grand miroir sur le mur de l’entrée dépeint nos corps désireux. C’est alors que les yeux vers le ciel nuageux, qu’il me pince les seins…en pressant son corps nu sur le mien. C’est mon tour. Ainsi commence une valse chaleureuse de nos corps sous l’eau, sa peau contre la mienne. C’est avec une vue incroyable que sa langue parcourt chaque recoin de mon corps…il me tease à fond. Je l’entends gémir en s’étouffant, sa bouche sur mon clitoris, il est autant excité que moi. Je remarque qu’il est encore bien dur…mon excitation monte encore et encore. Je peux voir dans le miroir qu’il me mange comme pour étancher une faim infinie, faim qui semblait durer depuis des siècles. Je suis venue comme il m’arrive rarement, mettons quand Saturne est en Mercure ou un shit comme ça. Mon orgasme, tremblant, m’a rendu les jambes molles. Asti que c’était bon à en perdre la tête. Et en effet, je sais toujours pas où je suis.

Essoufflés et libérés de cette étreinte bestiale, nous nous sommes étendus, complètement vidés et entièrement nus. Il en réclamait encore, moi j’étais décalage horaire.

Mon cœur ne s’est jamais calmé de ces ébats tant désirés, à l’autre bout du monde. À chaque fois que j’y repense, j’ai l’impression que c’était un film…

Aujourd’hui je ne sais pas où tu es, mais parfois ton intensité me manque… Damn je veux jouir comme ça encore, tantôt, demain, pis la semaine prochaine aussi.

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