Fantasme d’une autre nuit

Texte: Mademoiselle Léonard
Illustration: Sara H @bijoudebanlieue

Nerveuse, comme trop souvent ces temps-ci. Je ne prendrai pas le temps de vous expliquer d’où provient cette boule d’angoisse qui se loge dans mon ventre et à l’orée de ma gorge. Mais l’anxiété est parfois bien farfelue. 
Ce soir je ne suis pas capable de la chasser, mais je sais ce qui va me calmer et me permettre de dormir en paix. J’ai utilisé cette technique maintes fois.

Un sourire aux lèvres, je tends ma main sous mes couvertures et je la dépose entre mes cuisses, le pouce vers le haut. Mes shorts de pyjamas sont assez courts pour que ma main soit uniquement entourée de ma chair. Je la laisse immobile. 

Mon angoisse me revient par vague et je l’ignore volontairement, sachant que ce n’est seulement que mon cerveau qui me joue des tours. Je bouge mon pouce doucement pour provoquer mon imagination. Mon esprit retourne naturellement où il était hier soir. 

Un copain imaginaire, qui m’a promis une date en trois étapes, toutes plus chaude une que l’autre. Je ne me suis jamais rendue à la troisième…

Je sens mon entre-jambes de plus en plus chaud, il est encore trop tôt pour y glisser mes doigts.

Je suis dans un restaurant chic avec un jeune homme au sourire aimant. Nous sommes assis sur une banquette et nous attendons notre entrée sous les lumières tamisées. 

Je sens ses doigts qui glissent entre les pans de ma jupe. Il flatte l’intérieur de ma cuisse regardant innocemment la carte des vins. Je suis gênée, mais excitée par la situation. Il le ressent et me chuchote à l’oreille : 

«Ne t’inquiète pas, ils sont tous là pour ça». 

Il remonte sa main et n’émet que de douces pulsions contre mon clitoris pour que je prenne le temps d’observer autour de nous. 

J’ai retiré mes shorts de pyjama sans m’en rendre compte. J’aime garder mes culottes, ma main à l’intérieur de celles-ci force le tissu contre mon anus. J’ai l’impression d’avoir le contrôle absolu. 

Devant nous, les banquettes accueillent des couples de tout âge et de tous sexes. Certains s’échangent des sourires coquins, tous mangent leur repas d’une seule main. 
Je ressens un certain plaisir à les regarder et aucun ne semble porter leur attention sur nous. Je me sens voyeur, mais les regards langoureux que les gens s’échangent n’ont rien de déplacés. Mon imagination s’occupe du reste. 

La main de mon compagnon recommence à danser sur les parois de mon vagin. 

Seule dans mon lit, je fais de même. 
Le son de ma respiration est de plus en plus fort, ça m’excite. 

Dans mon oreille, mon amant me susurre : 
«je savais que tu aimerais ça ici». 
J’étouffe un petit gloussement et le dévisage, évitant de me tortiller, réagissant au plaisir qu’il me procure. 
Dans mon lit, je me tortille. 
Mes doigts savent comment danser. 

Je perds de plus en plus ma concentration, et il ricane dans mon cou. J’empoigne son pénis à travers son pantalon et son sourire en coin disparait. Il arrête de respirer. Je souris. 

Je gémis un peu. J’y ressens un effet enivrant. Je gémis de nouveau, l’utilisant comme une arme aphrodisiaque. 
Je me retourne sur mon ventre et je fais des vas et viens, coinçant ma main entre mon matelas et mon clitoris. 

Je vais bientôt venir, je le sens, car je perds doucement le contrôle sur mon plaisir. Mes pulsions prennent le dessus. Je sens la montée de plaisir garnir mes lèvres. Toutes mes lèvres. 

Je ne veux pas abandonner immédiatement, je ne suis pas au-delà de la première partie de la soirée! 
Tel le moment où l’alcool éparpille mes pensées, l’apogée de mon excitation apparait devant mes yeux. 

Le serveur est désormais de la partie. Il me liche le vagin pendant que mon copain suçote des mots à mon oreille. 
Ma respiration est bruyante. 
Je gémis malgré moi. 

Le serveur me liche doucement. 
Mon amant me flatte avidement. 
Mon orgasme qui est à l’orée de mes lèvres.
Ma respiration suffoque
«T’aimes ça ici?»
Il me susurre ces mots à répétition.
Sa voix est affaiblie par sa respiration entrecoupée. 
Je l’excite. 
Je m’excite. 

Je roule des yeux, 
Mes jambes faiblissent.

Le sourire aux lèvres, je cherche ma respiration, l’esprit en paix. 

Aucunement honteuse du propre plaisir que mon imagination me procure.

One reply to “Fantasme d’une autre nuit

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

close-alt close collapse comment ellipsis expand gallery heart lock menu next pinned previous reply search share star