J’ai déconfiné.

J’ai déconfiné. 

C’était raw. chaud. enivrant, mais juste le début. 

On a déconfiné, j’ai vu personne, quand tu es solo chez ta mif c’est difficile de rencontrer du monde. Je sais même pas de quoi je parle, on était toustes confiné.es, y’a personne qui voyait personne tsey. 

On a fait barbecue. Trop étrange, après plusieurs mois t’as juste envie de voir tes potes, mais t’as aussi envie de bang. Puis avec le covid tu te dis que tu vas respecter les mesures sanitaires donc tu vas pas provoquer une rencontre, parce qu’on a toustes peur, un peu, à différents degrés. 

Donc voilà on est au barbecue. La pote de ta pote a invité un ami. La soirée passe, c’est pas si chaud, il est énervant, il se pense bon (on dit tu encore ça en 2020?), pas grave, mais il a que de faux arguments, tu arrives un peu à le corner sur ses discours ça reste un peu comme ça.

Il arrive pour partir, ciao bye m’sieu see you never. 

Tu ramasses la table, il passe derrière toi, te glisse à l’oreille «tu m’excites trop». Dayum what was those words pliz again ? 

On est la fin de la soirée, les occasions de flirt autour d’un bbq à 4, c’est pas ce qui peut le plus arriver, puis tu te rends compte que t’as un peu envie de le dominer. Ça arrive comme ça, une vague, une inspiration, si je l’excite, j’ai envie de me servir de lui pour mon propre plaisir, ça donne quoi ? Ça fait si longtemps. 

On va au parc en face de l’appart, on va boire une dernière bière ensemble, il a des mains larges. Ça fait longtemps j’ai pas été en présence de mains que je considère sexuellement. Une bouche ça parle, beaucoup. Puis t’as un peu envie qu’il se la ferme, un peu, mais il jase, il jase. 

«Tu veux qu’on marche un peu ?»

On parle mais je m’en fous, je suis concentrée sur le fait que je suis toute mouillée. Je suis avec une personne qui n’est pas un.e pote, en temps de covid…j’ai le droit ? Je sais que non, mais urgh j’ai envie de l’utiliser à mon escient. 

You will be mine for my pleasure, bien sûr je ne vais pas que l’utiliser, je suis autant chaude de lui faire plaisir, mais selon mes limites quoi.

Wow urgence, sexualité, maintenant. 

– Tu veux aller par là?

– Non on va là, tout de suite.

We start to make out. 

Le vin, les bières me pendent au nez, une bouche mouillée, une haleine de clopes et d’alcool. Un souffle chaud dans mon cou, des lèvres pas trop juteuses mais avides. Est-ce que c’est moi qui est avide ?

– Je peux ?

– Make yourself happy…!»

Il me plaque doucement sur le mur, épaules bien placées, il déboutonne mon jeans, est-ce que je me laisse faire ? Ugh pliz oui j’ai envie de me laisser faire-faire, do me, just do me. 

J’ai le temps de me poser la question une fraction de seconde que je sens que mes jeans sont au niveau de mes genoux, sa langue est chaude sur mon pubis. Mes poils sont frisés, c’est possible qu’ils frisent plus parce que je suis super excitée ?  Puis mes pensées tombent et je me laisse emporter par mon premier cuni covid. Tu sais quand tu mouilles, tes lèvres se gonfles, tu sens que ton clitoris fait une protubérance qui veut juste se faire sucer. Puis j’ai un peu un flou, c’était chaud, ça je sais, j’ai soupiré, fort. J’avais une jambe sur son épaule, un meilleur angle pour son exécution. Exécute que je profite. J’arrive presque à venir mais j’exalte pas. 

– Tu as tellement de belles fesses, je peux les prendre sur mon visage ?

– Tu veux dire quoi ?

– Tourne toi, je veux juste les sentir sur mon visage.

– Je veux pas que tu me pénètres, mais autre que ça, fais moi/toi plaisir.»

Je me tourne, je suis dans une ruelle du Mile-end, face sur le mur, le cul sur le visage d’un inconnu qui me mange agenouillé devant ma vulve gonflée d’excitation. 

Je me roule la bille (putain c’est sexy se rouler la bille pour soi alors qu’on s’occupe de nous) pendant que sa langue me lèche, complète. 

Un.e inconnu.e passe, je me colle un peu plus sur le mur mais je veux pas qu’il arrête.

« Tu me fais du bien, continue. »

Il me lèche les fesses, je suis toute mouillée, c’est lui ou moi ? Je m’en fou en fait, je me concentre sur ses coups de langue. 

Il fait chaud, l’air est chaud, le covid m’a rendu chaude, sa langue est chaude, cette ruelle est sexy, ma position est sexy, je me sens en contrôle, je suis charnelle, je suis chaude, je suis sexy. 

«Je vais venir !»

Fort, dans cette ruelle de Montréal, à gorge déployée, fière d’un orgasme inusité.

Respiration.

On marche un peu, puis ça me prend, je pensais pas vouloir le sucer mais c’est là, comme une envie forte, soudaine, je veux son pénis dans ma bouche.

«Défais ton pantalon.»

Je m’agenouille, je le prends dans ma bouche, cet inconnu au sexe vivant. Ce n’est pas mon dildo, mais un pénis chaud et excité que je mets dans ma bouche qui salive. 

Quand il vient, je le laisse couler sur le sol, son sperme gratifiant l’été de sa plus vivace jouissance. Merci à cette ruelle de m’avoir permis d’y être sexu. J’ai envie de plus. Je crache par terre, c’est pas irrespectueux, Montréal est sexuelle comme moi ce soir. 

La nuit est tardive mais l’été débute à peine. 

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