Le colis

Texte : Maybe Sappho
Illustration : Tshokrodile

Je viens de recevoir un colis. 

On l’attendait avec pas mal d’impatience. 

J’en ai rêvé pendant tellement d’années. Ça leur a pris du temps avant de l’inventer, cette parfaite compagne (oui oui c’est un une !) à nos ébats sensuels. 

Cet été il y avait un soleil chaud, sa peau ruisselait de petites perles nacrées, elle avait les yeux fermés, la boucle en une moue si adorable qu’on dirait qu’elle conversait avec les rayons du soleil. J’étais exclue de cette conversation, mais j’étais une observatrice amoureuse, absorbant les frémissements de ses lèvres, perdue que j’étais sur les soubresauts de ses seins due au rythme de son cœur. 

Sa peau imparfaite appelait aux caresses. La chaleur de ses mamelons brûlant tendrement le bout de ma langue. Lorsque ma bouche se ferme encore aujourd’hui, je garde l’empreinte de son mamelon entre mes deux lèvres. 

J’aurais voulu partager avec elle les plus infimes des sensations, les sentir avec elle, me sentir en elle, venir pour elle. 

Ce colis c’est un peu ça, mes frustrations techniquement résolues. 

Je défais la boîte pour observer ma nouvelle amie. 

L’objet est beau, complexe, mais beau. 

J’attends que les heures passent, j’ai été chercher deux bonnes bouteilles de vin. Il fait froid dehors, l’appartement est doucement chauffé, pas trop pour que nos corps soient à l’aise à se balader. J’ai fait un potage, je l’attends le nez din couvertes, le sang battant les parois de mon clitoris. Je rêve, j’ai hâte, je suis haletante alors même que je suis reposée. 

Viens vite ! Il fait froid. 

Elle a pas l’air dans le mood, en même temps je me suis chauffée seule. Je suis dans mes meilleures culottes, celles qui découpent mes fesses et moulent ma vulve. 

Je l’attire dans le lit, l’écoute et j’arrive tranquillement à lui masser la tête, les épaules, j’essaie de shifter son humeur, je veux prendre soin d’elle. 

Elle réagit lentement, j’ai tout mon temps, elle s’ouvre tranquillement aussi, ses muscles se relaxent, son bassin se détend, ses doigts commencent à papillonner mon corps. Je ressens chacun d’entre-eux comme une trace chaude, éveillant mes poils à sa sensibilité. 

Est-ce qu’elle va s’aventurer ? Va-t-elle me faire le plaisir de juste laisser ses doigts flâner sur mon ventre, à la pointe de mes mamelons, au creux de mon sein, sur mes molles cuisses?

Je lui masse le cou, je vagabonde sur son corps.

– J’ai envie que tu te laisses aller, qu’on se fasse plaisir, comment tu te sens ?

– Je suis toute ouïe mon coeur.»

Celui-ci saute dans ma poitrine, mon sang bouillonne instantanément. Mes paumes prennent ses seins, ma langue chatouille sa bouche, je me repositionne, je me cale rapidement sur son corps radieux, je veux vivre l’éveil de ses sens. 

J’ai de la misère à écrire tellement je suis excitée. 

Lèvres, vulves, seins, peaux, salive, clitoris, grandes lèvres, poils, aisselles, cous, langues, cuisses, orteils, sueur, vapeur, chaleur, clameur. 

Nous sommes haletantes, mais on a à peine commencé. Je sors mon colis. Il est beau, sculpté. 

«Regarde mon cœur, elle est arrivée.»

Son sourire est communicatif, ses yeux pétillent, son corps se tord, ses poils s’hérissent. 

Il s’agit d’un double dildo avec un pulsateur d’ondes sur le clitoris. Oui. C’est ça. Vous  comprenez. 

Je me couche sur le dos, glissant ses doigts entre mon capuchon à clitoris, mon clito et l’entrée de mon vagin, sa salive tombe d’un coup, directement où ses doigts se trouvent. Elle me pénètre avidement, sa langue chaude émoustillant mes sens. 

Elle prend le dildo et me le frotte gentiment dessus, me pénétrant doucement, sa main sur ma hanche, je sens l’ampleur de son désir dans son mouvement. Avec une petite manette, elle active le dildo, le pulsateur d’ondes bien accoté sur mon clitoris. C’est beaucoup, un clito stimulé, un vagin rempli de sensations, mais la meilleure partie, c’est qu’il y a également un dildo extérieur me permettant de la pénétrer. Oui. Une Triple stimulation, vous avez compris. 

Je me redresse, plus excitée que jamais.

Elle se place devant moi, j’ai une vue incroyable sur ses fesses, ses stretchs marks me sourient. Je mouille mes doigts, embrasse son dos, liche le croisement entre ses fesses et son dos. 

Je mouille le jouet abondamment, et la pénètre consciencieusement. 

Je commence à onduler, son dos est arqué. Je ressens chacun de mes coups de bassin rebondissant dans nos vagins, la vibration sur mon clitoris est intense, je vais pas pouvoir continuer longtemps. 

– Tu es tellement belle, tu m’excites.

– J’ai l’impression que je vais venir, c’est trop !

Juste qu’elle me le chuchote, je donne des coups de reins plus intenses, elle gémit, j’ai le clitoris gonflé, un cri sort de ma bouche elle rit, j’arrive pas, je me perds dans son dos, à chaque coup – ses fesses vibrent, je reçois leur rebondi sur mon pubis, le dildo entre plus fort en moi à chaque fois, je suis trop émoustillée, elle est trop belle, vibrante, je vais venir, je viens, j’ai de la misère à continuer avec mes coups de bassin, je persiste pour qu’elle soit satisfaite, elle pousse ses fesses vers moi, usant son rythme sur nos dildos, je mords dans son cou lichant sa colonne vertébrale pendant que je jouis. 

On est haletantes, pantelantes, jouissantes, exaltantes. 

Ce deuxième confinement s’annonce palpitant.

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