Un charpentier bien charpenté (pun intended)

Texte : Anonyme
Illustration : Sara Hébert @bijoudebanlieue

Une fois cette dixième journée de rénovation terminée, tu vins m’en aviser et prendre congé. Par formalité, je te demandai si tout était correct pour le lendemain. Tu acquiesças, mais aussi, m’invitas, hardi et péremptoire, à me joindre à toi pour souper.

Quoi?

Le plus simplement du monde, je pourrais enfin monter à bord de cette camionnette qui attisait tous mes fantasmes depuis plus d’une semaine?

Je me fis une place entre deux outils et un gobelet de café vide. J’ignorais presque tout de toi, sauf ton talent de charpentier et ton zèle au travail, mais je me sentais en confiance. Ton calme et ton assurance m’avaient gagnée, je savais que j’étais en sécurité. Tu étais peu bavard, comme si tu te réservais pour plus tard ou que le trajet te servait de sas entre ta journée et ta soirée. Je te demandai où tu habitais, c’était étonnamment près de chez moi, à une dizaine de rues. Nous enfilâmes en peu de temps dans ton stationnement. Ta maison était magnifique, élaborée sans économie de moyens ni de bon goût. Tout semblait pensé deux fois plutôt qu’une. À l’intérieur, un style maîtrisé rendait ton foyer accueillant, enveloppant, apaisant. Des haut-parleurs diffusaient une trame sonore de jazz. Un vrai antre de repos, un ailleurs qui délasse au premier coup d’œil. Je ne te soupçonnais pas friand de tant de raffinement ni de confort. Ravie, je me félicitai de t’avoir suivi. De ta belle voix ronde et posée, tu m’informas que c’était l’heure de ta douche. Sans quitter mon regard, démontrant une fois de plus ton audace et ta résolution, tu me proposas de t’y accompagner – à moins que je ne préférasse un apéro en attendant?

Dix minutes auparavant, tu vissais des madriers dans ma maison et tu m’étais presque un total inconnu. Peu importe, mon intuition et mon désir me poussaient maintenant vers toi et la main que tu me tendais galamment. Après tout, j’avais imaginé ce genre de scénario tellement souvent déjà, j’étais enchantée que tu en sois le metteur en scène pour une fois.

Tu me fis entrer dans une salle de bain tamisée et luxueuse. Tu te postas devant moi, assuré mais pas intimidant, le regard chaud et attentif à ce que mon corps exprimait. Tu pris mes mains et leur fis déboutonner ta chemise de travail parsemée de poussière de bois. Ton torse dessiné et tes épaules droites étaient sublimes, y avoir accès était déjà enivrant.

Tu t’occupas ensuite de me libérer de ma tenue, sans manquer de humer et d’embrasser mon cou et mon corsage au passage. Tu traças du doigt le contour de mes sous-vêtements juste assez lentement pour m’émoustiller. Tu effleuras l’espace entre mes cuisses et y détectas de l’humidité avec un sourire de connivence. Je m’empressai de mon côté d’inspecter manuellement la rigidité sous ton pantalon, que je détachai en prenant tout mon temps, gémissant intérieurement à l’anticipation de tout ce qui nous attendait encore. Quand l’eau fut bien chaude, nous nous engouffrâmes dans la douche spacieuse. Tu saisis un savon à l’odeur suave et entrepris de le faire mousser partout sur ma peau, tout en m’embrassant délicatement. De mon côté, je ne pouvais immobiliser mes mains curieuses qui palpaient ta nuque, ton dos, tes fesses, ton sexe turgescent et tes bourses si douces et fermes. Tout cela me faisait tourner la tête et te devenait pénible, tu m’interrompis pour m’empêcher de t’achever trop tôt.

Pour faire diversion, tu caressas ma chatte, juste à l’extérieur, sur ma pilosité assumée qui était loin de te rebuter. Tu l’effleurais lentement, y feignant quelques introductions très superficielles, alors que je me tortillais parce que j’en voulais plus. Tu léchais aussi mes seins goulument et flattais mon derrière rebondi en glissant doucement le bout de tes doigts dans ma raie. Je me délestai de ton emprise et, savonnette en main, j’entrepris à mon tour de circuler partout sur ta peau avec application. Tu te laissas faire, immobile, les yeux fermés. Il n’y aurait plus de trace de ta journée et tu serais tout à moi. Nous nous rinçâmes pour de bon et nous nous épongeâmes en ne nous quittant pas du regard, un sourire taquin et complice sur les lèvres. Tu me pris ensuite dans tes bras sans crier gare, me portant comme une jeune mariée jusqu’à ta chambre à coucher. Tu me déposas précieusement sur le lit.

« Envie de choses sérieuses, ma belle ? » me chuchotas-tu. Je soufflai un « oui » et me plaquai contre toi pour expliciter ma réponse. Tu inséras adroitement deux doigts dans mon sexe glissant, mesuras l’étendue de mon envie et soupiras d’aise. Tu déroulas ensuite un condom sur ton sexe appétissant avant d’entrer en moi de manière étudiée, appréciant avec moi, l’un après l’autre, chaque centimètre de la pénétration, guettant de l’œil l’effet que tu me faisais. J’ondulais de reconnaissance et de contentement. Tu compris à mes gigotements que je n’en pouvais plus et tu entrepris de me pilonner sérieusement. Tu t’appliquais à maintenir un rythme régulier, fort, intense et contrôlé. Tu respirais d’effort dans mon oreille et ça me comblait de constater combien tu voulais me faire du bien. Tu perçus lorsque je fus remplie de plaisir, prête à basculer dans l’extase : tu attendais cet instant pour sortir de moi et t’agenouiller devant mes jambes ouvertes et mon sexe offert.

Je saisis ta chevelure fournie entre mes doigts erratiques. Tu humas avec délectation l’odeur sucrée de mon sexe, le léchas sans ambages ainsi que mon anus, humectas un doigt de cyprine que tu inséras avec précaution dans mon derrière ravi d’être à la merci de ton art maîtrisé. Tu fis aller ton doigt juste assez, me procurant davantage une vibration qu’un va-et-vient. Pendant que j’accueillais cette sensation ravissante, que je me concentrais dessus et me laissais aller à elle, tu me comblas en enroulant entre tes lèvres minces et douces mon clitoris gonflé d’extase. Tu le suçais avec conviction, lui assénais des coups de langue affamés puis plus doux et constants dans l’objectif alors limpide me faire jouir. Ce qui ne tarda pas. Tu me donnas une dernière léchée alanguie avant d’insérer ta langue agile et dévergondée dans mon sexe en convulsions. Je me cambrai dans un râle d’abandon total, dans une joie parfaite, sur ton lit de toutes les félicités. Tu remontas jusqu’à moi en laissant glisser ta bouche sur mon corps. À la hauteur de mes yeux, tu me gratifias d’un sourire épanoui : tu étais visiblement fier de toi, heureux pour moi. Je t’embrassai et t’étreignis de longues secondes, ton érection puissante et patiente contre mon ventre.

Je décidai qu’il était temps de m’en occuper. Je te retournai sur le dos et tu te laissas guider docilement. Je plaquai tes mains contre le lit en y pressant les miennes. Je pris une grande bouffée dans tes cheveux. Je suçai ton lobe d’oreille. Je baisai tes paupières, tes joues, ta bouche, couvris ton cou d’effleurements. Léchai à mon tour ton torse et humai la pilosité musquée de ton pubis avant de mordiller et de suçoter délicatement tes bourses. J’assenai un coup de langue ferme et continu tout le long de ta verge. Je la pris dans mes mains. Je la léchai sur toute sa surface, appréciant son grain si fin et velouté. Je la pris dans ma bouche avant de la dénuder de son capuchon et de tourner ma langue autour de ton gland charnu et de le frotter contre mes lèvres. Je manipulais tes couilles du bout des doigts tout en entreprenant une fellation délicieuse.

À quatre pattes, le cul en l’air au-dessus de tes jambes, la bouche pleine de toi, tes mains galbant mes seins, mes va-et-vient me faisaient tourner la tête autant qu’à toi. J’osai un doigt vers tes fesses. Tu écartas les cuisses. Je te suçais tout en caressant ton anus avec des mouvements circulaires, des mouvements rythmés et, pour finir, en y insérant une phalange que je fis aller à mon tour dans ton cul. Tu lanças alors un gémissement de plaisir sublime et trois giclées crémeuses sur ma poitrine que tu tartinas avec une lubricité qui se confirmait.

Repus, extasiés, nous nous enlaçâmes sous tes draps douillets pour somnoler quelques minutes entre deux séances de caresses et de baisers légers. L’intimité entre nous était douce, naturelle, légère. Autant l’intensité de nos ébats avait été torride, autant nous étions capables de regards souriants et complices de gratitude incrédule. À croire qu’on se plaisait vraiment. La magie avait opéré rapidement entre nous, le désir visiblement préalablement tricoté au fil des jours où l’on se croisait. J’avais hâte à la suite.

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